🇨🇩 Raisonnement et algèbre

Logique et raisonnements

⏱ 30 minProgramme officiel : CD-H3-ALG-01

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🎯 Dans cette leçon, tu vas apprendre à

  • Utiliser le calcul propositionnel et les types de raisonnement (direct, par l’absurde, par récurrence…).

La leçon

Introduction

Au club de mathématiques d’une école de Kisangani, Kalala affirme : « Si un nombre est divisible par 6, alors il est pair. » Mujinga répond : « Prouve-le, et dis-moi si la réciproque est vraie aussi. » Pour trancher ce genre de débat sans se tromper, il faut un langage précis (les propositions et les connecteurs) et des méthodes de démonstration fiables. C’est l’objet de cette leçon.

Explication

Propositions et connecteurs

Une proposition est un énoncé qui est soit vrai (V), soit faux (F), jamais les deux. Avec deux propositions PP et QQ, on forme :

  • la négation ¬P\neg P (« non PP ») ;
  • la conjonction P∧QP\land Q (« PP et QQ »), vraie seulement si les deux sont vraies ;
  • la disjonction P∨QP\lor Q (« PP ou QQ »), fausse seulement si les deux sont fausses ;
  • l’implication P⇒QP\Rightarrow Q (« si PP, alors QQ »), fausse seulement si PP est vraie et QQ fausse ;
  • l’équivalence P⇔QP\Leftrightarrow Q, vraie si PP et QQ ont la même valeur.
PPQQ¬P\neg PP∧QP\land QP∨QP\lor QP⇒QP\Rightarrow QP⇔QP\Leftrightarrow Q
VVFVVVV
VFFFVFF
FVVFVVF
FFVFFVV

Avec nn propositions simples, une table de vérité compte 2n2^n lignes.

Explication

Lois logiques utiles

Deux propositions composées sont équivalentes (≡\equiv) si elles ont la même table de vérité.

  • Lois de De Morgan : ¬(P∧Q)≡¬P∨¬Q\neg(P\land Q)\equiv\neg P\lor\neg Q et ¬(P∨Q)≡¬P∧¬Q\neg(P\lor Q)\equiv\neg P\land\neg Q.
  • Négation d’une implication : ¬(P⇒Q)≡P∧¬Q\neg(P\Rightarrow Q)\equiv P\land\neg Q.
  • Contraposée : P⇒Q≡¬Q⇒¬PP\Rightarrow Q\equiv\neg Q\Rightarrow\neg P. Elle a toujours la même valeur que l’implication.
  • Réciproque : Q⇒PQ\Rightarrow P. Elle peut être fausse alors que P⇒QP\Rightarrow Q est vraie.
  • Quantificateurs : la négation de « ∀x, P(x)\forall x,\ P(x) » est « ∃x, ¬P(x)\exists x,\ \neg P(x) ».

Une tautologie est une proposition composée toujours vraie, par exemple P∨¬PP\lor\neg P.

Explication

Les types de raisonnement

  • Raisonnement direct : on part des hypothèses et on enchaîne des déductions jusqu’à la conclusion.
  • Par contraposée : pour prouver P⇒QP\Rightarrow Q, on prouve ¬Q⇒¬P\neg Q\Rightarrow\neg P.
  • Par l’absurde : on suppose le contraire de ce qu’on veut prouver et on aboutit à une contradiction.
  • Par contre-exemple : pour montrer qu’un énoncé « pour tout xx » est faux, un seul cas où il échoue suffit.
  • Par récurrence : pour prouver une propriété P(n)P(n) pour tout entier n≥n0n\ge n_0 :
  1. initialisation : on vérifie P(n0)P(n_0) ;
  2. hérédité : on suppose P(n)P(n) vraie pour un entier n≥n0n\ge n_0 quelconque et on démontre P(n+1)P(n+1) ;
  3. conclusion : P(n)P(n) est vraie pour tout n≥n0n\ge n_0.

Exemple résolu

Problème : PP : « 77 est un nombre premier » ; QQ : « 44 est impair ». Donne la valeur de P∧QP\land Q, P∨QP\lor Q, P⇒QP\Rightarrow Q et Q⇒PQ\Rightarrow P.

Étape 1 : 77 n’a que deux diviseurs, 11 et 77 : PP est vraie. 44 est pair : QQ est fausse.

Étape 2 : P∧QP\land Q est fausse, car QQ est fausse. P∨QP\lor Q est vraie, car PP est vraie.

Étape 3 : P⇒QP\Rightarrow Q : hypothèse vraie et conclusion fausse, donc l’implication est fausse.

Étape 4 : Q⇒PQ\Rightarrow P : l’hypothèse QQ est fausse, donc l’implication est vraie.

Réponse : P∧QP\land Q : F ; P∨QP\lor Q : V ; P⇒QP\Rightarrow Q : F ; Q⇒PQ\Rightarrow P : V.

Exemple résolu

Problème : Démontre que pour tout entier nn, si n2n^2 est pair, alors nn est pair.

Étape 1 : Une preuve directe est difficile. On démontre la contraposée : si nn est impair, alors n2n^2 est impair.

Étape 2 : Si nn est impair, il existe un entier kk tel que n=2k+1n=2k+1.

Étape 3 : n2=(2k+1)2=4k2+4k+1=2(2k2+2k)+1n^2=(2k+1)^2=4k^2+4k+1=2(2k^2+2k)+1.

Étape 4 : 2k2+2k2k^2+2k est un entier, donc n2n^2 est de la forme 2m+12m+1 : il est impair.

Réponse : La contraposée est vraie, donc l’implication « n2n^2 pair ⇒\Rightarrow nn pair » est vraie.

Exemple résolu

Problème : Démontre par récurrence que pour tout entier n≥1n\ge1 : 1+3+5+⋯+(2n−1)=n21+3+5+\dots+(2n-1)=n^2.

Étape 1 (initialisation) : Pour n=1n=1, la somme vaut 11 et 12=11^2=1. La propriété est vraie.

Étape 2 (hérédité) : Supposons que 1+3+⋯+(2n−1)=n21+3+\dots+(2n-1)=n^2 pour un entier n≥1n\ge1. Le terme suivant est 2(n+1)−1=2n+12(n+1)-1=2n+1.

Étape 3 : 1+3+⋯+(2n−1)+(2n+1)=n2+2n+1=(n+1)21+3+\dots+(2n-1)+(2n+1)=n^2+2n+1=(n+1)^2. La propriété est vraie au rang n+1n+1.

Réponse : Par récurrence, la somme des nn premiers nombres impairs vaut n2n^2 pour tout n≥1n\ge1.

Attention

Attention : Ne confonds pas la contraposée et la réciproque. « Si un nombre est divisible par 6, alors il est pair » est vraie, et sa contraposée « s’il n’est pas pair, il n’est pas divisible par 6 » aussi. Mais la réciproque « s’il est pair, il est divisible par 6 » est fausse : 44 est un contre-exemple. De plus, vérifier quelques exemples ne démontre jamais un énoncé « pour tout nn ».

À retenir

  • P⇒QP\Rightarrow Q est fausse seulement si PP est vraie et QQ fausse.
  • De Morgan : ¬(P∧Q)≡¬P∨¬Q\neg(P\land Q)\equiv\neg P\lor\neg Q ; ¬(P∨Q)≡¬P∧¬Q\neg(P\lor Q)\equiv\neg P\land\neg Q.
  • P⇒Q≡¬Q⇒¬PP\Rightarrow Q\equiv\neg Q\Rightarrow\neg P (contraposée) ; la réciproque Q⇒PQ\Rightarrow P n’est pas équivalente.
  • Raisonnements : direct, par contraposée, par l’absurde, par contre-exemple, par récurrence.
  • Récurrence : initialisation, hérédité, conclusion.

✍️ Exercices

Réponds à un exercice à la fois. Ta réponse est corrigée aussitôt, avec une explication.

Exercice 1 sur 8

★ Facile

La proposition PP est vraie et la proposition QQ est fausse. Quelle est la valeur de vérité de P⇒QP\Rightarrow Q ?

Ta réponse